Le projet artistique

L’ objectif de cette Biennale est de porter un éclairage sur les photographes contemporains qui opèrent dans le monde arabe. Beaucoup de pays occupent à divers titres aujourd’hui le devant de la scène et participent à l’écriture de l’Histoire, mais on connaît de façon encore inégale leurs artistes. Certains sont mal identifiés ou demeurent même totalement dans l’ombre.

Si ce sont en priorité les créateurs originaires des pays arabes qui seront mis en lumière dans ce projet, leurs oeuvres seront confrontées à celles de photographes occidentaux, entre autres européens, et chez lesquels une part importante de leurs travaux est liée à cette région du monde : leur parcours et leurs préoccupations autorisent souvent une vision sensiblement différente de celles et ceux qui opèrent de l’intérieur.

La programmation des expositions ne sera pas guidée par la représentation de l’actualité immédiate touchant au monde arabe. Il s’agit avant tout ici d’un projet privilégiant l’approche artistique ; et comme toute approche artistique, celle-ci implique un certain recul ainsi que du temps donné à la réflexion. Ce qui n’exclut pas pour autant les créateurs exprimant à travers leurs oeuvres un point de vue sur l’univers politique, idéologique ou religieux qui les entoure. De même qu’une place doit être réservée à celles et ceux qui aujourd’hui parlent de l’extérieur de leur pays. Car la mobilité est sans doute l’un des traits de caractère de beaucoup d’artistes du monde arabe. Les artistes exposés se feront ainsi l’écho d’un monde pluriel. Car l’enjeu de cette manifestation, du moins dans le cadre d’une première édition, n’est pas de réunir des travaux autour d’un thème particulier, même si des motifs récurrents peuvent émerger ; mais plutôt d’exprimer une diversité d’auteurs et de tendances
qui mobilisent les créateurs à l’oeuvre dans cette région du monde.

Les opérateurs de la Biennale

Cette manifestation est portée par deux grandes institutions : d’une part la Maison Européenne de la Photographie, ouverte en 1996 et dédiée essentiellement à la photographie d’aujourd’hui, et d’autre part l’Institut du monde arabe, qui depuis 1987 se consacre aux multiples facettes artistiques et culturelles des divers pays composant cette région. La complémentarité et la complicité de ces deux institutions sont le vecteur de la manifestation en même temps qu’elles feront son originalité sur la scène culturelle parisienne.

L’organisation de l’événement

La Biennale va se déployer géographiquement entre la MEP et l’IMA, proches l’une de l’autre mais séparées par la Seine. Elle tracera un parcours au long duquel divers lieux publics et privés (Cité internationale des Arts, Mairie du 4ème arrondissement de Paris, les galeries Binôme, Basia Embiricos, Photo 12, Graine de Photographe) ont été invités à présenter des expositions en relation avec le propos de la manifestation. Fédérant ainsi différentes initiatives, la MEP et l’IMA constitueront les deux pôles de l’événement ainsi que les moteurs de sa communication.

La MEP consacrera chacun de ses espaces à des expositions monographiques se rattachant au thème de la Biennale et l’IMA, deux grandes galeries qui accueilleront une exposition collective réunissant près de trente photographes. Plusieurs rencontres et projections seront programmées autour des travaux des artistes exposés (à la MEP et à la Cité internationale des Arts).

Un catalogue co-édité par l’IMA et Snoeck réunira une sélection d’oeuvres représentatives figurant dans le programme de la Biennale en même temps qu’il contribuera par des textes à en renforcer l’identité. Il permettra de répondre à certaines questions concernant les photographes du monde arabe : qui sont-ils, qui sont-elles ? Comment travaillent-ils ? D’où parlent-ils ? De quelles traditions photographiques et artistiques sont-ils issus ?