Maison Européenne de la Photographie 2015

Six expositions personnelles liées au monde arabe

12 novembre 2015
- 17 janvier 2016

5-7 Rue de Fourcy, 4e

M° Saint Paul - Pont Marie

Mercredi – Dimanche : 11h – 19h45 / Fermé lundi, mardi, jours fériés et périodes d’inter-expositions / Plein tarif : 9 € – Tarif réduit : 5 €

+33 1 44 78 75 00

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    Bruno Barbey, Leticia, Amazonas, Brésil1966

    Lieu d'exposition :
    Maison Européenne de la Photographie

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    Leila Alaoui, Tamesloh, Moyen-Atlas2011

    Lieu d'exposition :
    Maison Européenne de la Photographie

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    Massimo Berruti,

    Lieu d'exposition :
    Maison Européenne de la Photographie

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    Stéphane Couturier, Serie "Chandigarh Replay" - Chandigarh - Secrétariat n° 12006-2007

    Lieu d'exposition :
    Maison Européenne de la Photographie

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    Andrea & Magda, Sinai Park, Décor mille et une nuit2014

    Lieu d'exposition :
    Maison Européenne de la Photographie

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    Daoud Aoulad Syad, Meknesseptembre 1992

    Lieu d'exposition :
    Maison Européenne de la Photographie

La Maison Européenne de la Photographie présente une série d’expositions visant à croiser les perspectives artistiques sur le monde arabe. À travers le travail d’artistes français qui ont trouvé une féconde source d’inspiration dans leurs voyages au Maroc et en Algérie notamment, et celui d’artistes du monde arabe qui s’attachent à révéler par leur pratique photographique les mutations qui touchent leurs pays, ces expositions apportent un regard inédit et éclairent les spécificités d’un monde à l’hétérogénéité fascinante.

LEILA ALAOUI

Les Marocains
2011–2014 / Maroc

Inspirée par les séries The Americans de Robert Frank et In The American West de Richard Avedon, Leila Alaoui a parcouru tout le Maroc pour sa série Les Marocains. Avec un studio photo mobile, elle a ainsi capturé des portraits d’hommes et de femmes de tous âges et de différentes ethnies, dans des lieux publics comme les souks, et des rassemblements locaux.
La plus grande difficulté pour la photographe fut de convaincre ses modèles amateurs de prendre la pose, dans un pays où l’appareil photographique est souvent chargé d’appréhensions superstitieuses et où la photographie demeure une pratique occulte, « voleuse d’âme ». À force de persuasion, essuyant quelques refus, l’artiste parvint néanmoins à convaincre plusieurs passants de se prêter à ce jeu du portrait. La peur viscérale du flash, éprouvée par nombre d’entre eux, ne lui permettant parfois qu’une seule et unique prise.

Andrea & Magda

Sinai Park
2014 / Egypte

Sinai Park explore les conséquences du tourisme de masse dans la région du Sinaï en Égypte, qui repose exclusivement sur cette industrie, pourtant déstabilisée suite au Printemps Arabe et aux diverses tensions régionales.

Le reste du Sinaï, peuplé d’hôtels fantômes, n’est que désolation. Les bédouins nomades souffrent d’une politique stricte de contrôle militaire et restent largement exclus des zones touristiques qui représentent 86 % du budget immobilier de la région. Sur ce territoire, point de passage stratégique entre l’Afrique et l’Asie, le développement acharné du tourisme mené par le Caire et les pays du Golfe a complètement transformé la région dont l’architecture, artificielle et naïve, révèle la progressive coupure avec les réalités culturelles locales. Les installations se conforment aux normes mondiales pour mieux satisfaire les attentes des clients.

Aujourd’hui le Sinaï des palais de plâtre et de décors de mille et une nuits ressemble à non-lieu : un monde artificiel et naïf, détaché de la réalité locale et conforme à l’imaginaire d’un folklore standard et faussement rassurant.

DAOUD AOULAD – SYAD

Rétrospective photographique et cinématographique
Maroc

Considéré comme le père de la photographie contemporaine marocaine, Daoud Aoulad-Syad a ouvert la voie à un style franc, où les sujets qu’il fixe sur pellicule se révèlent dans ce qu’ils ont de plus vrai. Un singulier travail sur l’expression et une attention donnée au détail qui achève d’affranchir le travail de Daoud Aoulad-Syad de la démarche ethnographique.
Prescripteurs, ses clichés tendent à l’universel et brouillent les perceptions géographiques et temporelles, semblant cependant toujours révéler une certaine idée de la contemporanéité. Il est aisé de s’approprier l’instant représenté, et le souvenir d’enfance n’est jamais très loin, peut-être dans les nuages d’un arrière plan vaporeux.

BRUNO BARBEY

Rétrospective

Depuis plus d’un demi-siècle, Bruno Barbey parcourt le monde et capture des instants de vie. Fasciné par la figure de Saint Exupéry, explorateur de formation et esthète par instinct, toute sa vie il a su imprimer sa marque entre recherche artistique et témoignage au sein de l’agence Magnum où il est coopté dès l’âge de 25 ans.

Bruno Barbey fuit le scoop et la violence, mais ne manque jamais un rendez-vous avec l’Histoire. Son oeuvre est un travail de la juste distance : ni trop près, ni trop loin, il embrasse les évènements avec une humanité rare. Qu’il photographie le monde arabe, Mai 68, la révolution culturelle en Chine ou la guerre du Golfe, Bruno Barbey opère toujours avec bienveillance et intégrité. L’acuité de son regard est aussi celle du poète. Dans le cadre de cette rétrospective, on retrouvera notamment les célèbres photographies de Bruno Barbey sur le Maroc, pays qui lui est cher.

Sept films, réalisés par Caroline Thiénot-Barbey, seront également projetés durant l’exposition dont Maroc éternel (2015).

MASSIMO BERRUTI

La crise de l’eau à Gaza et en Cisjordanie
2015 / Palestine

Lancé en 2012, le Prix Photo de l’Agence Française du Développement (AFD), à destination des professionnels, permet de sensibiliser un public large aux enjeux du développement des pays du sud et rendre hommage au travail essentiel des photographes engagés. Ce prix a été attribué en 2014 à Massimo Berruti pour La crise de l’eau à Gaza et en Cisjordanie.
Ce photoreportage met en lumière la problématique actuelle de l’eau à Gaza et témoigne du même coup du lien étroit et vital que l’homme maintient avec cet élément fondamental. Selon les estimations, il n’y aura plus d’eau potable dans toute la région de Gaza d’ici 2020. De nombreux dommages affectent les installations d’approvisionnement et le manque d’électricité empêche le traitement de celle-ci exposant la population à d’importants risques sanitaires.
En partenariat avec le magazine Polka

Stéphane Couturier

Climat de France – Alger
2014 / Algérie

Édifiée à Alger pendant la période charnière de l’histoire algérienne entre 1954 et 1957 par l’architecte et urbaniste Fernand Pouillon, la cité Climat de France est une ville dans la ville de 50 000 habitants. Stéphane Couturier a pu pénétrer dans cette cité fermée et prendre part à la vie quotidienne de ses habitants.

Après avoir été l’ancien fief des islamistes dans les années 1990, la cité Climat de France traduit aujourd’hui la complexité et les contradictions de la jeunesse algérienne, coincée entre espoir et désenchantement. Stéphane Couturier a posé sur cet espace son regard de photographe mais aussi de vidéaste, interrogeant sans cesse la puissance de cette architecture à la modernité étonnante.